Changement d'ère

Daria Rossi

Comme chaque été, Amanda a laissé son époux à son travail et profite du soleil de la Corse avec ses deux jeunes enfants.
Cybil, elle, a quitté Bruxelles, bien décidée à oublier une histoire d’amour finissante.
Un après-midi, sur la plage, leurs chemins se croisent.
La rencontre, d’abord amicale, va rapidement donner naissance à un sentiment plus tendre. Mais bientôt il faut rentrer, l’une en Belgique l’autre à Paris.
Cet amour de vacances survivra-t-il à la distance et aux réalités de la vie ?

mars 05 - 200 pages
prix : 15 Euros
ISBN : 2-913066-21-6

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Extraits…

"(...) Tout en mastiquant l’intérieur de mes joues, l’esprit obnubilé par cette singulière rencontre, mes yeux ne se détachaient pas de ceux de l'étrangère. Elle donnait l’impression d’être vierge de tout souci, de tout passé, aspirant le quotidien comme il se présentait. L’orage semblait avoir lavé son âme. Et pourtant, j'allais savoir très vite qu’il ne s’agissait que d’une image trompeuse… (...)"

*

"(...) D’abord sous l’emprise de la grâce, j’avais laissé les choses suivre leur cours. Trop longtemps, car subitement, je réalisais que je m’étais laissée emprisonner par des sentiments naissants, nouveaux, troubles et perturbants. Je ne savais plus où j’en étais. Je savais juste que j’étais perdue face à cette nouvelle amitié qui n’était en rien semblable à toutes celles que j’avais eues jusqu’alors. Qui aurait pu m’écouter, me comprendre ? Étais-je d’ailleurs capable de décrire ce que je ressentais ? Aucun repère. J’étais séduite. Je restais souvent dans la béatitude de ces humeurs nouvelles, réveillée par la réalité des enfants qui me découvraient assise face à un mur, distraite. Un mur, oui, c’est cela. J’étais face à un mur et pourtant, je n’avais aucune envie de faire marche arrière, trop tentée par le choc, l’impact. Je m’adonnais à des tâches matérielles pour engloutir mes pensées dans le produit vaisselle, la lessive, le décapage de la porte du garage. Le soir, dans un lit trop longtemps creusé par mon seul corps, je m’ennuyais et avais envie d’aller la retrouver sur la plage. Ne serait-ce que pour sentir sa présence.
Elle ignorait tout de mes confusions, de mes batailles intérieures et de ce fait, usait inconsciemment de sa séduction sans cesse plus raffinée (...)"

*

"(...) — T’es plutôt du genre catastrophe en ce moment, non ?
— Ta faute !
— Pardon ?
Oui. C’était de ta faute. Tu étais responsable de mon état. De par ton existence, tu transformais toute la mienne. Une vie que j’avais construite, la croyant solide, et qui s’effondrait sous ton passage. Mais mon cœur avait été trop longtemps orphelin, la sensualité n’étant plus que du domaine du songe. Et ce que tu pouvais me donner me chamboulait. Je voulais ta présence, ta délicatesse, pure et sincère. Je prenais volontiers tes paroles, tes gestes, tes sourires. Tout en toi me faisait revivre. L’amour, je croyais que c’était fonder une famille. Mais d’abord mal exprimé, l’amour de mon mari s’était depuis longtemps totalement évaporé. Dire que je croyais être très heureuse avant toi. (...)"