L'Envol

Frédérique ANNE

Emmanuelle, en véritable gémeaux, est partagée entre ses responsabilités et la tentation de les fuir, entre ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, entre les histoires d’amour mal terminées et celle qui semble se profiler.
Et si sa rencontre avec Sophie, lors d’une mission dans le Sud, était l’occasion de mettre un peu d’ordre dans tout cela et d’oser grandir ?

L’Envol est le premier roman de Frédérique Anne.

Mars 07 - 183 pages
prix : 15 Euros
ISBN : 978-2-913066-31-1

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Extraits…

" (...) Non, pas la routine. Pas aujourd’hui. Tourner la tête et elle est là. Mais elle fait quoi, là, au 1D, ma touriste blonde ? Elle est abonnée… Pas si touriste, alors… Et pas si blonde, finalement.
Encore de profil. Les cheveux un peu fous sur le front, petit nez, petit menton, comme dans les comptines. Des rides tendres au coin des yeux. Des petites lunettes pour lire. À propos, il faut que je change les miennes.
Elle sourit. C’est quoi, ce journal qui la fait sourire ? Un sourire au coin des lèvres, un sourire à tomber. Qu’est-ce que ça doit être, de face. Mais elle va se tourner, à la fin ?
Sa main gauche… Une alliance trois ors. Elle est mariée… Ou pas... Chacun sait bien que l’alliance… Et puis, ça change quoi ?(...)

*

" (...) Le deuxième Gémeaux d’Emmanuelle entre en scène. Le Gémeaux crapuleux, celui qui la pousse toujours à aller au bout de ses envies, comme disait Oscar Wilde, « résister à tout sauf à la tentation ». Celui qui s’enfuit dès que ça se passe mal, comme un enfant farceur qui tire des sonnettes. Celui qu’elle a toujours écouté.
Mais oui, tu en as envie. Mais oui, elle t’attire, cette nana. Alors n’aie pas peur. Tu verras bien. Qu’est-ce que tu risques ? Seulement de moins t’ennuyer ! (...)"

*

"(...) Elle est là-haut. Elle existe en vrai. Tu viens de passer quatre heures avec elle. Tu la verras demain. Repose-toi. Tu es amoureuse. Voilà. Comme jamais depuis des années. Voilà. Comme quand, la dernière fois ? Ne pas trop se poser la question. Peur de ces phrases maladroites « j’ai rencontré la femme de ma vie ».
Emmanuelle aimerait appeler quelqu’un, dire ça à quelqu’un.
Mais comme le dit sa mère, les amies d’Emmanuelle sont en même temps des ex. Pas toutes, mais presque. Une habitude du milieu. On se déchire dans la haine, ou bien on reste amies. Pour Emmanuelle, c’est plutôt les deux successivement.
Alors, difficile de faire des confidences. La réponse de l’autre arrive, inévitable, cinglante, parfois amère, même si des années ont passé. « Ah, bon, parce que moi, c’était du pipeau ? »
Non, pas du pipeau, mais Sophie, Sophie, pas pareil, Sophie, comme une évidence… Pas possible de leur dire ça, aux ex. Je ne sais pas pourquoi, mais penser à elle
me vrille le cerveau, me fait plonger, renaître. C’est quoi, ce bordel ? (...)"