Crotale diamant

Daria Rossi

Deux femmes, une brune et une blonde, une journaliste et une violoncelliste. 
Aujourd’hui, deux corps retrouvés sans vie sur une plage de Bretagne. Il y a quelques mois, plusieurs malfrats assassinés successivement selon un rituel bien étrange.
Existe-t-il un lien entre tout cela ou n’est-ce que le décor d’une romance peu ordinaire ?

septembre 08 - 211 pages
prix : 16 Euros
ISBN : 978-2-913066-30-8

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Extraits…

"(...) Maryvonne, inquiète pour son quatre-pattes décati, obliqua sur la droite, un endroit qu’elle n’aimait pas trop. Le canal de l’Arguenon passait par là. Puant car vaseux, donc dangereux, il avait fait son quota de victimes et la richesse des faits-divers. Jamais cependant, elle n’aurait abandonné son partenaire canin. Une odeur de pourriture la surprit. Elle en resta sur place, tournant sur elle-même, les narines en l’air, le nez en action, à la recherche de l’origine, de la cause d’une telle pestilence. Le varech, la vase n’avaient jamais dégagé de telles émanations. Jamais ! Loustic, le mutin, avait trouvé quelque chose qui appartenait à ces saloperies de goélands. Et ce quelque chose refoulait drôlement. Elle s’approcha. Elle savait qu’elle y laisserait quelques palpitations nuisibles à son vieux cœur. Elle avait vu son père mort. Il n’exhalait pas une telle odeur. Il ne sentait même pas. Ou du moins s’était-elle à l’époque, obligée à le croire. Elle craignait surtout les crabes qui devaient grouiller là-dessus et là-dedans. Loustic, son chien couard, couinait, tournait sur lui-même, en toupie, comme possédé, la queue entre les pattes, la tête baissée et les yeux fuyants.
— Mon Dieu ! Comment est-ce possible ? (...)"

*

"(...) Admirative devant l’exploit de la blonde, Abigaïl applaudit allégrement. L’ange lui envoya un sourire de victoire et de fierté. Éclair de complicité saisi en plein vol. Depuis cette rencontre, ce simple regard échangé sur le bord d’un trottoir, cette femme hantait chacune de ses pensées, chacun de ses actes. Elle désirait la revoir, nourrir ses yeux de sa beauté. (...)"

*

"(...) Le médecin présent sur place fouilla la veste du mort. L’individu avait un portefeuille. La carte d’identité, bien conservée car plastifiée désignait un certain Johnny Piedebœuf et en examinant ce qu’il restait du visage, on pouvait dire qu’il s’agissait bien de la victime. Lorsque l’expert étudia la blessure au cou, un objet glissa vers le sol, maintenu par une fine corde de cuir noir. Il s’agissait d’un petit serpent de cinq centimètres de long, de couleur verte, aux yeux de pierres triangulaires. Un crotale. (...)"